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Publié par Eric Demay

Comment nager avec les dauphins

J’ai rencontré mes premiers dauphins dans des conditions très particulières. En Australie sur la côte J’ai rencontré mes premiers dauphins dans des conditions très particulières. En Australie sur la côte Ouest à Bunbury. Fin 1991. J’étais en piteux état car j’avais eu un accident de surf au Sri Lanka juste avant Noel et cet évènement m’avait indirectement amené sur cette plage australienne puisque je recherchais en fait des régions non humides afin de cicatriser mes plaies. Dans la baie de Bunbury cohabitent une centaine de dauphins et certains (qu’on pourrait appeler des ambassadeurs) viennent au contact de l’homme sur une plage. Il y avait à l’époque un petit groupe de passionné qui s’occupait des dauphins avec à sa tête un vétérinaire spécialisé dans le comportement des dauphins.

Il s’est trouvé en fait que j’avais déjà une relation particulière avec ces dauphins et les responsables du groupe me le faisait remarquer tous les jours. Les dauphins étaient curieux de ma présence dans l’eau et visiblement ils se passaient le message puisque de nouveaux dauphins commençaient aussi à s’approcher de la plage. Les semaines ont passé et c’est ici qu’il m’est arrivé une histoire incroyable qui en fait a décidé de mon implication avec les cétacés, trop longue à expliquer (mais en détail sur le livre « L’homme qui parlait aux dauphins ». Une femelle m’avait visiblement choisi pour me présenter son delphineau dès sa naissance. Ce petit dauphin était mort la nuit suivante et j’étais devenu involontairement l’acteur d’une aventure extraordinaire. Les responsables du centre (à l’époque le « Dolphin Trust » de Bunbury) avaient remarqué qu’il se passait quelque chose de très spécial entre moi-même et les dauphins et par la suite je travaillais aussi au centre afin de les aider avec ces nouvelles compétences particulières. Par la suite, je continuais mon voyage en Australie à Monkey Mia (Mecque du dauphin ambassadeur) afin d’essayer de comprendre ce qui se passait et peut être aussi pour perfectionner ce qui me semblait impossible avant mon arrivée sur ce continent : communiquer avec un dauphin ! C’est ensuite dans un delphinarium que les choses se sont éclaircies, le directeur me demandait d’aller nager avec les dauphins afin de les distraire pour leur bien-être et cela semblait était « payant ». C’était la première fois que je voyais des dauphins en captivité et j’ai appris de nombreuses choses à leur contact. De retour en France, le GECEM (le Groupe d’Etude des cétacés de Méditerranée) m’embauche en qualité de chargé d’étude pour le suivi du dauphin Dolphy sur la côte catalane. Ici, de Mai 1992à Janvier 1995, j’ai vécu une aventure particulière au contact quotidien avec une femelle dauphin dite « ambassadeur ». J’avais un zodiac, la Mairie de Collioure sponsorisait le programme, je dirigeais une équipe pour surveiller le sommeil du dauphin durant la saison estivale et j’étais devenu une sorte de mère adoptive pour la jeune Dolphy. J’en avais profité pour étudier ses comportements durant son sommeil puisque pour la première fois il était facile de quantifier cela car Dolphy dormait en nageant en cercle sous un bateau. En terme de communication j’ai pu évidemment tester quelques « trucs » et bien entendu J’avais sa pleine confiance on se connaissait par cœur. C’est à cette époque que j’ai commencé à sensibiliser l’opinion publique et les autorités sur de questions d’éthiques entre l’homme et le dauphin. J’ai été certainement le premier en Europe à envisager qu’il ne fallait pas toucher un dauphin sauvage, je ne faisais en fait que calquer ce que j’avais appris en Australie. J’ai beaucoup travaillé pour que des textes et des lois apparaissent car les lois à ce moment n’étaient pas adaptées à la protection des dauphins ambassadeurs. Bien entendu, j’ai beaucoup appris avec Dolphy puisque parfois je la suivais 24/24 h et aussi sur l’homme et sa relation avec la vie sauvage (beaucoup à dire !).

Lorsque les subventions ont disparu, j’ai demandé à Dolphy de partir aussi et elle a disparu définitivement en Janvier 1995.

L’année suivante je retournais en Australie afin de réaliser mon premier documentaire vidéo « Homme et dauphin:mode d’emploi » qui avait reçu en 1997 le premier prix du festival international de Ilckirch. C’est Jean Marc Barr (l’acteur principal du film « Le Grand Bleu ») à l’époque Star internationale, qui avait posé sa voix sur mon film gratuitement. J’avais profité du tournage de ce document pour partir en Floride et surtout aux Bahamas afin de faire de nouvelles rencontres delphines, et là aussi je n’avais pas été déçu ! J’étais d’ailleurs plus tard retourné aux Bahamas, une destination qui était à l’époque le plus efficace pour filmer des dauphins (tous les documentaires étaient tournés là-bas).

Donc, mes premières années avec les dauphins étaient assez riches en évènement !

La suite m’a mené vers divers projets, divers voyages dans l’Océan Indien ou dans le Pacifique à la rencontre d’autres dauphins, d’autres cétacés, voire d’autres animaux sous-marins. J’ai collaboré avec des groupes scientifiques, réalisé d’autres vidéos, écrit quelques livres, offert mon expérience et mes compétences. L’expérience la plus incroyable reste pour l’instant celle vécue sur l’île des Embiez en 2000 avec des dauphins « Bleu et blanc », coup de chance, ce jour-là il y a avait un caméraman qui a réalisé ce qui semblait impossible à tous les spécialistes, communiquer avec un dauphin de l’espèce Bleu et blanc.

Mon approche est simple: il faut avant tout respecter les dauphins comme des animaux sauvages et comprendre ses besoins comme dormir ou se nourrir par exemple. Les dauphins dorment en nageant (enfin pas tous, mais la plupart du temps dans les zones perturbées par l’activité humaine) il faut deviner cela et changer alors nos comportements. Nous pouvons alors les observer dans leurs sommeils et profiter de cette esthétique situation (les dauphins en groupe nagent alors d’une parfaite synchronisation). Leurs chasses peuvent aussi être formidables à observer et bien entendu nous nous devons de ne pas perturber ou influencer ces situations. Par contre, si les animaux cherchent le jeu, nous pouvons (je dirais presque nous nous devons !) répondre à leurs sollicitations en nageant près d’eux. Il se peut qu’un comportement de mimétisme soit au départ une invitation au jeu, l’homme ou le dauphin peuvent alors être initiateur de ce jeu. Ceci n’est qu’un exemple. En termes de communication, tout est possible puisque nous (l’espèce humaine) n’avons toujours pas décelé le véritable langage des dauphins. A titre personnel, je suppose qu’il est beaucoup plus riche qu’on puisse le deviner il peut être à la fois sonore et gestuel. Certains parlent de télépathie, pourquoi pas, mais il faut alors adapter nos comportements d’une façon raisonnable. Je veux dire qu’il faut absolument essayer de communiquer avec l’animal de façon primaire, c’est-à-dire en visuel, dans l’eau par le mimétisme ou autres. Pour moi le jeu est une sorte de communication. Pourquoi aussi fantasmer sur la télépathie si la situation ne l’exige pas? Il ne faut pas espérer de l’extraordinaire car nous finirons par nous l’inventer, et nous mentir à nous-mêmes. Il faut essayez de rester cartésien et les dauphins nous donnerons le meilleur d’eux-mêmes. N’oublions pas que si les dauphins sont capables de deviner nos émotions (il parait!), ils sont alors aussi capables de deviner notre équilibre émotionnel, ne les décevons pas !!!

Je crois qu’il ne faut pas essayer de toucher un dauphin. En tous cas avec ses mains, car nous ne savons pas comment cela peut être interprété. Il faut toujours lui laisser l’initiative, lui donner le choix, la relation ne sera que meilleure. Si nous tendons notre main nous créons déjà une barrière entre l’animal et nous, si nous gardons les bras le long du corps le dauphin pourra ainsi s’approcher sans crainte. Notre façon de nager, de se déplacer, conditionne aussi la qualité de notre relation. Si le dauphin est excité il est possible de jouer son jeu mais si le dauphin reste calme il faut nous adapter. En fait, il faut savoir regarder, écouter, et donc comprendre. Régulièrement, je demande lors des premières rencontres de rester calme et même peut être assez passif, c’est une des meilleures solutions pour attirer un dauphin. Lorsque cette delphine de Hurghada m’a amené une branche de corail, elle n’aurait pas pu le faire si je gesticulais dans tous les sens! En la laissant ainsi approcher, elle s’est collée contre moi et n’essayant pas de la toucher elle a pu rester ainsi sans aucune crainte.

Mais une chose est cependant certaine, c’est que j’ai encore beaucoup à apprendre de ces merveilleux animaux.

Les détails des stages sur ce lien:

http://www.dauphinweb.com/nageraveclesdauphins.html

Eric Demay et Dolphy au large de Argeles, plus d'essence dans le zodiac, Dolphy prend le relais!

Eric Demay et Dolphy au large de Argeles, plus d'essence dans le zodiac, Dolphy prend le relais!

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tom 29/11/2013 06:04

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